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In memoriam Jiří Menzel

06.09.2020

Le maître de la comédie s’en est allé à Prague ce 5 septembre.

Jiří Menzel figurait parmi les plus talentueux réalisateurs de comédie au cinéma. Il a à peine 28 ans, en 1968, lorsque le Tchèque se voit attribué l’Oscar du meilleur film en langue étrangère avec «Ostre sledované vlaky» (Trains étroitement surveillés). Il s’agissait d’un ouvrage-clé du Printemps de Prague. «L’humour me vient de mon grand-père maternel, je suis redevable à mon père de sa culture. J’ai grandi avec ses livres. Quant à mon impertinence vis-à-vis des gens, c’est sur ma mère que je me suis exercé, sans qu’elle se mette en colère.»

Il a étudié à la FAMU, l’école de cinéma pragoise, de 1957 à 1962. Il y a côtoyé Věra Chytilová, Evald Schorm, Jan Nemec, Pavel Jurácek et d’autres qui formèrent plus tard le noyau de la «Nouvelle vague» tchécoslovaque. C’est là qu’il réalisa ses premiers courts-métrages «Domy z panelů» (1960) et «Umřel nám pan Foerster» (1962). Il travailla ensuite aux actualités jusqu’en 1965 et commença ce qu’il devait poursuivre toute sa vie : son travail au théâtre. Menzel fut metteur en scène, auteur, dramaturge et acteur. Il fit d’ailleurs ses débuts comme interprète en 1962 dans «Strop», le film d’études de sa camarade Věra Chytilová et fit sa dernière apparition dans «Tlmočník» (l’interprète, 2018) de Martin Šulík.

Jiří Menzel acquit une renommée internationale avec sa comédie «Ostre sledované vlaky» (Amour selon l’horaire – le titre international étant «Trains étroitement surveillés») qui fut d’abord primé au Festival international de Mannheim et obtint donc l’Oscar du meilleur film étranger en 1967. Ici, comme dans ses films suivants, ce sont les figures littéraires de son compatriote Bohumil Hrabal qui servirent de modèle à Menzel. Retournant de la remise de l’Oscar, le jeune trentenaire Jiří Menzel fit figurer au procès-verbal «Tout ce qui nous représente contient de l’humour. Qui ne nous est pas inné, qui nous a été imposé. Car sans sens de l’humour, on ne peut vraiment pas vivre en Tchécoslovaquie.» Alors qu’il tourne en 1969 «Alouettes, le fil à la patte» (Skřivánci na niti), ce film satirique allait être interdit après l’écrasement du Printemps de Prague. Il ne pourra célébrer sa première qu’en 1990 à la Berlinale. Il y obtint alors l’Ours d’or.

Jiří Menzel fut interdit de tournage en 1970 et se concentra alors momentanément sur le théâtre et à sa salle du quartier Vinohrady, à Prague. Il revint au cinéma en 1981 avec «Postřižiny» (Raccourcis) qui remporta un beau succès avec cette histoire de la Bohême des années 20– tirée d’une œuvre de Hrabal. Menzel ne s’est pas contenté de jouer dans ses propres films, on a pu le voir dans des œuvres de Gyula Maárs ou de Krzysztof Zanussi. On peut se procurer au trigon-film Shop six des comédies de Jiří Menzel, en DVD. Aussi disponible, le portrait cinématographique du cinéaste «To Make a Comedy is No Fun», réalisé par Robert Kolinsky. On trouvera aussi tous ces films en VoD sur Filmingo.

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