El cielo, la tierra y la lluvia

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Histoires d'amour

Elles sont trois femmes √† vivre sur une √ģle au Sud du Chili, balay√©e par le vent et noy√©e dans le brouillard . Veronica, Ana et Marta (la plus jeune) sont li√©es par une m√™me soif d'amour. Veronica semble la plus lib√©r√©e, Ana est renferm√©e sur elle-m√™me, soignant sa m√®re grabataire. Marta a une attirance irr√©pressible pour Ana. Lorsque cette derni√®re est engag√©e comme femme de m√©nage par Toro, Marta se sent abandonn√©e et ne peut le supporter.

Des images somptueuses, aux chaudes couleurs adoucies par une brume automnale, qui subliment une nature sauvage et inhospitali√®re. Des mouvements lisses d'une cam√©ra qui soulignent, par opposition, les destins caboss√©s par la vie de trois personnages perdus, ne sachant plus o√Ļ trouver un refuge pour cicatriser leurs √Ęmes bless√©es. Des plans construits comme des tableaux, sans aff√©terie, dont le naturel sublime les gestes des √™tres qu'ils cadrent, au point de les transfigurer et de susciter chez le spectateur une √©motion profonde. La m√™me √©motion que l'on imagine √©prouv√©e par le r√©alisateur pour ses personnages.

On aura rarement vu √† l'√©cran la nature exprimer aussi bien la temp√™te qui secoue les coeurs des ces trois femmes que l'on sent si proches de la chute. Car ce sont les sons apprivois√©s, le tambourinement lancinant de la pluie, les bourrasques d'un vent tumultueux qui se chargent d'exprimer ces √©tats d'√Ęmes. Les quelques phrases l√Ęch√©es, en partie couvertes par ses sons sauvages, nous aident √† le comprendre et valent plus que mille dialogues pour nous faire entrer dans leurs t√™tes. L'exp√©rience dans le documentaire du jeune r√©alisateur ‚Äď c'est une premi√®re oeuvre de fiction ‚Äď lui permet de saisir les instants dramatiques de la mani√®re la plus juste et nous propose un vrai FILM o√Ļ l'image et le son sont les principaux ressorts dramaturgiques du r√©cit.

El cielo, la tierra y la lluvia n'a donc rien de minimaliste, au contraire. Sa richesse picturale et musicale ‚Äď car les sons ne sont pas des bruits, captivent les sens du spectateur de la premi√®re √† la derni√®re seconde. Au bout du compte, ce sont des histoires d'amour(s) que nous voyons, qui nous remuent, celles des personnages bien s√Ľr, mais aussi celle du regard du r√©alisateur pos√© sur ces trois femmes. A voir, et √† √©couter, absolument.

Martial Knaebel


Festivals & prix

FIPRESCI Prize, Rotterdam 2008
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Fiche technique

Titre original
El cielo, la tierra y la lluvia
Titre
El cielo, la tierra y la lluvia
Réalisation
José Luis Torres Leiva
Pays
Chili
Année
2008
Scénario
Jose Luis Torres Leiva
Montage
Ilan Stehberg
Image
Inti Briones
Décors
Veronica Astudillo
Production
Jirafa Films, Chile & Charivari Films, france. Bruno Bettati, Elise Jalladeau
Formats
35mm
Durée
112 min.
Langue
Spanisch/d/f
Interprètes
Julieta Figueroa, Pablo Kr√∂gh, Mariana Mu√Īoz, Ang√©lica Riquelme

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Date(s) de projection Projection(s)
Organisation

Revue de presse

¬ęSnippets of lives moving through stark isolation form the narrative of Jose Luis Torres Leiva's remarkable feature helming debut, "The Sky, the Earth and the Rain." While its plot doesn't sound auspicious, pic derives its strengths from Torres Leiva's masterful control of form, rigorous, painterly compositions and ability to change scenes just seconds before they outstay their welcome.¬Ľ
Variety

I think The Sky, The Earth, and the Rain, by the Chilean filmmaker Jose Luis Torres Leiva, is by far the best film in competition, and one of the best I've seen all week. Set in southern Chile and shot with mostly natural light, it's a ravishing visual experience, and a true landscape film. Leiva told me he watched films by Apichatpong and Pedro Costa before filming, and their influence is palpable, in the dappled light and rigorous compositions, respectively, but it emerges as a great work in its own right.
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