Lumumba

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Patrice Lumumba, héros de l'indépendance congolaise, n'a pas trente ans lorsque les premiers soubresauts d'une décolonisation bâclée le propulsent sur le devant de la scène politique internationale. De fonctionaire indigène au bureau de poste de Stanleyville, en passant par plusieurs séjours en prison pour vol ou pour incitation au désordre, il deviendra en l'espace de quelques années (1957-1960) l'homme le plus vilipendé de cette période intensive de la guerre froide. Période qui a mené le monde au bord d'un conflit mondial. Devenu premier ministre de l'un des pays les plus riches d'Afrique, son destin de héros tragique était tout tracé, son assassinat dès lors programmé. Il ne restera que trois mois au pouvoir. Janvier 1961, ses assassins n?avaient plus alors qu'à faire disparaître son corps.

«Il y eu d'abord un film documentaire, Lumumba, la mort d'un prophète, qui a été pour moi une tentative de faire le point sur une partie de ma vie et d'inscrire une mémoire personelle dans la trame de l'événement historique. Le film de "fiction" Lumumba se veut une approche moderne d'un héros historique contemporain, où le romanesque, le politique, la grande histoire comme la petite, l'intime, le quotidien, s'entrelacent et correspondent pour éclairer à la fois un destin individuel exceptionnel et une période importante de notre temps. Lumumba se doit de déranger. Il se doit de questionner notre époque sur ses tares passés et présentes, qui lui restent sur le visage comme d?affreuses verrues. Le Héros tragique est celui que chacun peut trahir impunément.

Je viens de passer dix huit mois comme Ministre de la Culture de mon pays Haïti. Un choix d'abord, bien évidement mais aussi une urgence incontournable. A cause de mes films, à cause de mon engagement, à cause d'un pays qui a su génération après génération, brûler ses ressources humaines.

Dix-huit mois d'une lutte politique dure et impitoyable, dans un pays qui hésite encore entre populisme hégémonique, donc simpliste et démocratie transparente donc compliquée par une tradition qui fait cruellement défaut. Une expérience personnellement douloureuse et l'apprentissage des limites de l'action politique.

C'est avec cet héritage aussi riche que conflictuel que je décide de revenir à ce projet ambitieux que constitue Lumumba. Histoire de faire le point à la lumière de mon propre parcours sur un destin politique biaisé et compris à la base. Histoire de revenir sur un terrain dont je domine mieux les contours. Histoire de remettre 37 ans après les pendules à l'heure au sujet d'un meurtre-sacrifice. Histoire de transcender mes propres douleurs, mes regrets, ma colère intacte. Histoire tout court.»

Raoul Peck

Festivals & prix

Quinzaine des réalisateurs, Festival de Cannes 2000

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Fiche technique

Titre originalLumumba
TitreLumumba
RĂ©alisationRaoul Peck
PaysCongo, La RĂ©publique DĂ©mocratique du
Année2000
ScénarioRaoul Peck, Pascal Bonitzer
MontageJacques Comets
MusiqueJean-Claude Petit
ImageBernard Lutic
SonJean-Pierre Laforce
Costumes
DĂ©cors
ProductionProduction: JBA Productions, Jaques Bidou, Paris; Entre chien et loup, Belgique; Essential, D
Formats35mm, DVD
Durée114 min.
LangueFranzösisch, lokale Sprachen/d/f
InterprètesEriq Ebouaney, Alex Descas, Théophile Moussa Sowie, Maka Kotto, Dieudonné Kabongo, André Debaar, Cheikh Doukouré

Fiche technique

Titre originalLumumba
TitreLumumba
RĂ©alisationRaoul Peck
PaysCongo, La RĂ©publique DĂ©mocratique du
Année2000
ScénarioRaoul Peck, Pascal Bonitzer
MontageJacques Comets
MusiqueJean-Claude Petit
ImageBernard Lutic
SonJean-Pierre Laforce
Costumes
DĂ©cors
ProductionProduction: JBA Productions, Jaques Bidou, Paris; Entre chien et loup, Belgique; Essential, D
Formats35mm, DVD
Durée114 min.
LangueFranzösisch, lokale Sprachen/d/f
InterprètesEriq Ebouaney, Alex Descas, Théophile Moussa Sowie, Maka Kotto, Dieudonné Kabongo, André Debaar, Cheikh Doukouré

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Revue de presse

«Im heiklen Verhältnis von Fiktion und historischen Tatsachen ist es schon zu manchen Peinlichkeiten gekommen, wenn jemand aus ehrlicher Sentimentalität dem Hang zur Kolportage nachgab. Aber hier erleben wir einmal, wie sich aus dem raunenden Anfang eines Spielfilms die Glaubwürdigkeit einer Dokumentation entwickelt. Pecks «Lumumba» führt in die komplexe Zerrissenheit einer belgischen Kolonie, die 1960 unabhängig wurde, aber für Europa und die USA handzahm bleiben sollte. Er zeigt die Regeln des postkolonialen Machtspiels und den auch im Kongo ausgefochtenen Kalten Krieg. Er definiert Ethnien und Parteien, Träume und Interessen. Und mittendrin steht Lumumba, der es vom Postbeamten und Biervertreter zum Ministerpräsidenten brachte und es mit dem Begriff der Unabhängigkeit zu genau nahm: ein Held mit dem Talent, sich Feinde zu machen, und dem Fehler, sie unterschätzt zu haben. Raoul Peck, geboren 1953 in Port-au-Prince, Journalist, Filmemacher und ehemaliger Kulturminister seiner Heimat Haiti, hat einen Teil seiner Jugend im Kongo verbracht und drehte Anfang der Neunzigerjahre bereits den dokumentarischen Essay «Lumumba, la mort d’un  prophète». Natürlich nimmt er Partei. Die Romantik des kämpferischen Engagements mischt sich mit der politischen Analyse. Sein Spielfilm ist das historische Drama der Konsequenz, und darüber steht Sartres Satz, dass ein tragischer Held der sei, den jeder ungestraft verraten könne.»
Christoph Schneider, Tages-Anzeiger

«An den Anfang seines Films stellt Raoul Peck Szenen von der Hinrichtung Patrice Lumumbas. In der Folge zeichnet er die Intrigen, Winkelzüge und Fehleinschätzungen nach, die Anmassung und den Zynismus, die Kongo-Zaire in die Wiege gelegt worden sind und die bis heute nachwirken. Zwar scheinen die nach vierzig Jahren Unabhängigkeit von afrikanischen Politikern immer noch gerne vorgebrachten Ausflüchte von den bösen Kolonialmächten mittlerweile bemühend, doch im Fall Kongos steckt ein wahrer Kern darin. Als ob die Verbindung hätte sichtbar gemacht werden müssen, wurde der Diktator Kabila fast auf den Tag genau vierzig Jahre nach Lumumba umgebracht. Kabila war ein Gefolgsmann Lumumbas. Kabila schlug seine Wurzeln als Revolutionär in den Wochen nach der Unabhängigkeit, als es zu Wirren in der Provinz Katanga kam, und fortan sprach auch er oft und gern vom neuen Afrika, ehe er von der Macht besessen wurde. (...) Statt den seinerzeitigen Dokumentarfilm mit den neuen historisch gesicherten Wahrheiten zu komplettieren, wählte Peck die Form des Dokudramas für ein komplett neues Werk. Trotzdem ist er sehr nahe an der verbürgten Realität geblieben, unterstrichen durch aufwendige Requisiten. Eriq Ebouaney spielt die Figur des Lumumba überzeugend. In authentischer Atmosphäre kann der Zuschauer nachvollziehen, wie Präsident Kasa-Vubu gegen Lumumba intrigierte, wie Joseph Désiré Mobutu davon profitierte und vom Unteroffizier zum Armeechef aufstieg.»
Oswald Iten, NZZ

«Der haitianische Regisseur Peck («L’Homme sur les Quais»), der sein Handwerk in Berlin lernte, drehte schon 1991 einen eindrücklichen Dokumentarfilm über Lumumba. Hier verarbeitet er in sehr persönlichem Stil episodenhaft und dokumentarisch die Geschichte als Spielfilm. Die afrikanischen Darsteller, Ebouaney als Lumumba und Nzonzi als sein ruchloser Gegenspieler, sind sehr überzeugend. Betont subjektiv und kritisch beschreibt Peck die leidvollen Folgen des Kolonialismus und klagt ihn gleichzeitig emotionsgeladen an.»
Facts

«C'est passionnant et passionné. On est tenu en haleine grâce à un scénario "à suspense" cosigné Pascal Bonitzer (...) à bien des égards, Lumumba rappelle Malcolm X de Spike Lee.»
Studio Magazine

«Filmer le pouvoir (sa prise, sa fuite) et dans le même geste un temps (historique, intime); voir ce qui, dans la conjonction des deux, fait vaincre ou mourir des idées (politiques, existentielles), tel est le fond secret de Lumumba.»
Cahiers du Cinéma

«Un récit puissant, construit en tragédie, sous le signe d'un destin implacable. Nul besoin de forcer sur une dramaturgie inscrite dans l'histoire, riche de scènes d'une intensité inouïe : il y a une dimension shakespearienne dans ces luttes de pouvoir, ces trahisons, ces meurtres, ce martyre.»
L'Année du cinéma

«L'excellent film de Raoul Peck (...) a deux mérites : le premier est d'analyser parfaitement une situation complexe (...). Le second, de mettre en cause les responsabilités de chaque camp, y compris le camp des Congolais eux-mêmes.»
Le Nouvel Observateur