La cordillera de los sueños

Film

La cordillera de los sueños

Patricio GuzmánChile – 2019

«In Chile, when the sun rises, it had to climb hills, walls and tops before reaching the last stone of the Cordillera. In my country, the Cordillera is everywhere. But for the Chilean citizens, it is an unknown territory. After going North for Nostalgia for the Light and South for The Pearl Button, I now feel ready to shoot this immense spine to explore its mysteries, powerful revelations of Chile’s past and present history.» Patricio Guzmán

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Originaltitel La cordillera de los sueños
Deutscher Titel Die Kordilliere der Träume
Französischer Titel La cordillère des rêves
Andere Titel La cordillera dei sogni
RegisseurIn Patricio Guzmán
Land Chile
Kinoformate Blu-ray, DCP
Drehbuch Patricio Guzmán
Montage Emmanuelle Joly
Musik Miranda y Tobar
Kamera Samuel Lahu
Produktion Renate Sachse (Atacama Productions)
Länge 85 Min.
Sprache Spanisch/d/f
SchauspielerInnen
Dokumentarfilm
Documentaire
Documentary
Auszeichnungen

Golden Eye Cannes 2019: Bester Dokumentarfilm

«Patricio Guzmán completes a superb trilogy tracking a personal, political and philosophical journey through Chile's history and landscape.» Variety

«Ce premier long-métrage de la Péruvienne Melina León est esthétiquement un coup de maître.» 
Courrier International



NOTE D'INTENTION DU RÉALISTEUR


En février 2015, mon documentaire Le Bouton de nacre a été présenté à Berlin
où il a remporté l’Ours d’argent. Quelques mois plus tard, je l’ai présenté au
Chili dans le cadre du FIDOCS (le festival de documentaires que j’ai créé il y
a vingt-deux ans à Santiago). L’accueil qui a été fait au film m’a grandement
surpris.

J’avais préparé une longue liste d’arguments pour le défendre. J’étais habitué
à ce que mes documentaires suscitent la polémique car ils se réfèrent au
coup d’État de Pinochet. Or, le grand public ne veut pas qu’on lui parle des
disparus de la dictature, de ses morts, des prisonniers politiques, des personnes
torturées. Mais je n’ai pas eu besoin de justifier le propos du film. Les gens
se sont montrés plus intéressés et plus ouverts que jamais. Puis Le Bouton de
nacre est resté très longtemps à l’affiche à Santiago et il a attiré des milliers de
spectateurs.

Peu de temps après, le ministère de l’Éducation du Chili a même acquis des
copies de mes autres films pour les présenter dans les universités, les lycées
et les collèges[1]. Mon pays que je croyais « sans mémoire » commençait à se
pencher sur son passé. Il sortait de son amnésie, dépoussiérant les textes qui
relatent son histoire. Je me suis aussi rendu compte que la nouvelle génération
s’intéressait beaucoup plus qu’avant au sort des prisonniers, des fusillés, des
exilés.

La répression qui a duré plusieurs décennies serait-elle devenue un sujet
d’actualité ? C’est très nouveau pour moi et cela fait évoluer ma relation avec
ma terre natale, que j’explore dans mon travail depuis plus de quarante ans.
De fait, la manière dont j’envisageais mon film La Cordillère des songes – qui,
après Nostalgie de la lumière et Le Bouton de nacre, sera le dernier volet de
cette trilogie que j’ai commencée il y a dix ans – s’est elle-même transformée.
Le sens du film a pris corps. Il est bien sûr toujours question de la confrontation
des hommes, du cosmos et de la nature. Mais cette gigantesque chaîne de
montagnes, qui est au coeur de mon sujet, est pour moi devenue la métaphore
de l’immuable, de ce qui nous reste et nous habite, quand on croit avoir tout
perdu. Plonger dans la Cordillère me fait plonger dans mes souvenirs. Scrutant
ses sommets escarpés, m’enfonçant dans ses vallées profondes, j’entame un
voyage introspectif qui, peut-être, me révèlera en partie les secrets de mon âme
chilienne.



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